Pas envie de dormir. Envie d’oublier. Envie de rêver. Mais ce soir les rêves me fuis et je suis seule, perdue. Tant de sommeil en retard, tant de cauchemars que je ne veux fermer les yeux. Je ne veux plus penser. Parce qu’avant le sommeil et la liberté, il y a ces longues minutes où je reste lucide. Trop lucide. Où les larmes coulent seule et où j’ai envie de me frapper la tête contre un mur, si fort que j’en oublierais tout. Si fort que la douleur serait plus forte que la raison. Mais je ne le fais pas. Parce que je suis lâche et que je fuis la douleur. Alors je reste dans ce lit, ce grand lit vide que mes innombrables peluches ne savent remplir. Seule. Recroquevillée dans les draps tentant de tenir éloignés mes démons nocturnes, mes pensées pessimistes et désillusionnées. Mais ce soir tout par en vrille. Les larmes sur mes joues coulent comme elles ne l’avaient plus fait depuis longtemps, mon estomac se tourne et se renverse… le chocolat ne passe plus. Parce que j’ai peur d’être seule, encore plus seule. Parce qu’une semaine c’est long. Parce que je voudrais pouvoir voir ma Lucie tout les jours, serrer dans mes bras ce petit bout de fille qui me soutiens, parce que ma marine par une semaine et que c’est trop… parce que… parce que sans personne à qui parler je ne suis rien…
Solitude, tristesse…
